Exemple de projets scientifiques soutenus par la plateforme “modèles animaux”

Axe 1 : Thérapie et Résistance

  • Le Dr Nadira Delhem et son équipe (CNRS-UMR 8161) s’intéressent aux lymphomes et aux cancers naso-pharyngés (CNP) induits par le virus Epstein-Barr. Dans le but d’arrêter la prolifération des cellules tumorales, cette équipe a développé trois peptides couplés à des antigènes de latence permettant la stimulation du système immunitaires contre les cellules tumorales. Ces peptides sont actuellement testés sur des souris SCID-Hu (humanisées, c’est à dire présentant un système immunitaire humain) afin d’évaluer leur efficacité. Un vaccin anti-tumoral pourra ainsi voir le jour prochainement.
  • L’équipe du Dr. Nicolas Jonckheere (Inserm UMR-S1172) étudie le rôle de la protéine MUC-4 dans la résistance des tumeurs du pancréas à la chimiothérapie (gemcitabine). La tumeur du pancréas est particulièrement agressive et la résistance aux traitements anti-tumoraux est généralement liée à un mauvais pronostic pour le patient. Une modification génétique des cellules tumorales résistantes semble améliorer l’efficacité du traitement in vitro. Les lignées tumorales modifiées sont actuellement greffées sur des souris pour tester cette découverte in vivo. En cas de réponse positive aux traitements des cellules tumorales chez ces souris, le concept sera validé et pourra évoluer vers le développement d’une thérapie utilisable chez l’homme.

 

Axe 2 : Dormance et quiescence des cellules tumorales

  • L’équipe du Dr Guillemette Huet (Inserm U837) étudie la résistance des cellules tumorales du côlon traitées par chimiothérapies. 3 lignées de cellules résistantes ont été générées et l’équipe de recherche a mis en évidence une cascade de signalisation intracellulaire qui contrôle l’équilibre dormance/activation des cellules tumorales. Des variantes de ces cellules invalidées pour cette cascade ont été créées. Tous ces variantes seront greffées prochainement sur des souris et traitées par une chimiothérapie adaptée.
  • Comme chez l’homme, le cancer de la prostate chez le chien est une maladie qui n’est détecté que lorsqu’il évolue en métastases osseuses, malheureusement trop tard pour espérer traiter efficacement le patient. L’équipe de Martine Duterque (CNRS UMR8161) travaille sur la détection d’éventuelles anomalies génétiques chez le chien (similaires à celles observées chez l’homme). Une première phase a consisté à prélever des échantillons chez des chiens malades (en collaboration avec Oncovet) pour extraire le matériel génétique et le comparer à celui de l’homme. D’autre part, des anticorps connus pour détecter des protéines spécifiques des tumeurs ont également été testés avec succès (OCR) et permettront d’améliorer le diagnostic. En parallèle, ce projet procure l’opportunité de valider le concept robotique du LAGIS, sur des patients animaux, avant sa mise en application chez l’homme : robot chirurgical écho ou tomo-guidé pour faciliter le prélèvement des échantillons tumoraux de la prostate chez le chien.

 

Autres projets innovants liés à la plateforme des modèles animaux 

  • Pierre-Olivier Angrand, (U908 Inserm – Université de Lille 1) a développé une activité utilisant le modèle du poisson-zèbre en cancérologie. Son approche est double. Elle vise à développer d’une part, un système de xénogreffes de cellules tumorales dans les embryons de poisson-zèbre afin d’étudier le comportement de ces cellules et de cellules souches cancéreuses durant la genèse, le processus d’invasion et d’angiogenèse tumorales. D’autre part, des lignées de poissons mutants fondées sur la technologie des TALEN et sur la transgénèse, sont développées. En particulier, il a été généré plusieurs lignées de poissons dont l’expression de l’oncoprotéine Ezh2 est altérée (modèle d’inactivation d’Ezh2, similaire au syndrome humain de Weaver, modèle de surexpression d’Ezh2 trouvée dans des cancers de la prostate, modèle de suractivité d’Ezh2 trouvée dans des leucémies, etc…). Son équipe projette également de générer des poissons transgéniques exprimant une autre mutation (K27M de l’histone H3.3) trouvée dans environ 80 % des cas de gliomes pédiatriques.
  • Les équipes du PRISM et d’OCR se sont associées au PHLAM (C. Focsa-Laboratoire de Physique des Lasers, Atomes et Molécules – CNRS UMR 8523, Lille1) et à l’Imperial College de Londres (Z. Takats – Faculté de Médecine, département Chirurgie et Cancer) et ont obtenu une subvention de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Le projet porté a pour but de valider la technologie « SpiderMass » d’imagerie par spectrométrie de masse (IMS) en direct et in situ chez le chien et le chat permettant la détection très pointue des tissus tumoraux. Cette validation animale permettra ensuite une utilisation plus rapide chez l’homme. Une première étape consiste en la création de profils moléculaires de tissus tumoraux (sarcomes, gliomes) prélevés chez le chat et chez le chien et de les comparer à ceux développés chez l’homme.