Axe 1 – Résistance Tumorale

Contexte et objectif de l’axe 1 – Résistance tumorale

Les quinze dernières années de recherches fondamentales et cliniques ont permis d’immenses progrès dans l’efficacité des traitements anticancéreux  dans les domaines de la chirurgie, de la chimiothérapie et de la radiothérapie.

Malgré ces progrès, certaines formes de cancer et certains patients montrent une résistance innée ou acquise aux traitements  ce qui conduit alors à un échec thérapeutique préjudiciable à la guérison des patients.

L’objectif de l’axe 1 « RésistanceTumorale», en associant étroitement la recherche clinique et fondamentale, est d’être mieux à même de prédire, de prévenir et de lutter contre ce phénomène de résistance thérapeutique de la tumeur et de l’hôte aux traitements locorégionaux.

Ces objectifs pourront être atteints si l’on est capable mettre en évidence le phénomène de résistance (idéalement en amont du traitement) et de choisir les thérapies les plus efficaces.

Ceci implique que les mécanismes cellulaires de la résistance soient mieux compris : identification des messagers et récepteurs cellulaires, déchiffrage des voies de signalisation intracellulaire, influence du microenvironnement tumoral. Ceci permettra de définir de nouvelles cibles thérapeutiques et de donc développer des traitements plus efficaces.

Le phénomène de résistance des cellules tumorales n’étant pas limité aux tumeurs d’un organe particulier, les projets de recherches de l’axe  portent sur différents types de cancer : cancers œsogastriques, cancers des voies aérodigestives supérieures, du poumon, du pancréas, du foie, des reins, des ovaires…

Les programmes de recherche sur la résistance tumorale

Plusieurs programmes sont développés au sein de l’axe 1:

A. Comprendre les mécanismes cellulaires impliqués dans le phénomène de résistance et identifier de nouveaux biomarqueurs permettant d’observer ou de prédire cette résistance. L’ensemble de ces projets de recherche fondamentaux et translationnels font appel à des approches in vitro (modèles cellulaires), in vivo (modèles animaux de tumeurs spontanées (chien, chat) ou modèles transgéniques précliniques de tumeurs induites (souris, poisson-zèbre) et ex vivo (tissus de patients).

  • Etude de la voie MET dans la résistance du cancer du poumon (D. Tulasne, A. Cortot)
  • Impact de la voie de signalisation HGF-SF-MET, de l’héparase et de l’hypoxie sur la résistance tumorale acquise (J. Vicogne)
  • Impact de la voie de signalisation TrK et du NGS dans la résistance aux thérapies ciblées du cancer du sein (R. Toillon)
  • Le rôle et le ciblage du complexe MUC4-ErbB2 dans la résistance de l’adénocarcinome pancréatique aux traitements chimiothérapeutiques (N. Jonckheere)
  • Adénocarcinome gastrique à cellules indépendantes (ADCI) : identification de biomarqueurs de résistance et de nouvelles molécules cibles (M. Messager)
  • Angiogenèse, endothélium tumoral et évasion immunologique des tumeurs (F. Soncin)

B. Développer de nouveaux outils d’imagerie pour améliorer le diagnostic précoce, détecter ou prévoir une résistance aux traitements et mieux suivre le patient après traitement.

  • Identification moléculaire des tumeurs du cerveau (gliomes) et détection de leur résistance aux thérapies par spectrométrie de masse (I. Fournier)
  • Thérapie photo dynamique ciblée des lésions de carcinose péritonéale des ovaires (P. Collinet)
  • Impact de la Tomographie par Emission de Positron dans l’évaluation de l’efficacité de la radiochimiothérapie (G. Piessen)

C. Identifier et proposer de nouvelles cibles thérapeutiques.Dans le cadre de ce programme, sont étudiés :

  • Ciblage des récepteurs cellulaires MET impliqués dans la résistance du cancer des poumons (D. Tulasne)
  • Le ciblage des domaines EGF1/2 de la mucine MUC4 pour le développement de nouveaux inhibiteurs à activité anti-cancéreuse (I. Van Seuningen)
  • Le ciblage du stress calcique pour améliorer l’efficacité des chimiothérapies (F Vanden Abeele)
  • L’étude d’une stratégie immuno-thérapeutique innovante visant les cellules lymphocyte T régulatrices (N. Delhem)

D. Améliorer les approches cliniques et thérapeutiques pour éviter ou réduire le développement d’une résistance de la tumeur ou du patient.Dans le cadre de ce programme, sont développées :

  • Une Base Clinico-Biologique nationale FREGAT dédiée à l’étude de la résistance aux traitements des cancers œsogastriques (label INCa, C. Mariette) en lien avec le réseau de recherche clinique national FREGAT (French Research in EsoGastric Tumours).

FREGAT

  •  Une étude de l’hétérogénéité de l’expression du récepteur cellulaire MET, impliqué dans le développement des cellules tumorales des cancers des poumons (A. Cortot)
  • Un développement d’un algorithme de calcul Monte Carlo pour une dosimétrie basée sur l’IRM en radiothérapie  (N. Reynaert)

E. Enfin, en étroite collaboration avec l’axe transversal des Sciences Humaines et Sociales, comprendre et lutter contre le phénomène de réticence et de difficulté à l’accès aux soins qui entraine des délais dans le diagnostic et la prise ne charge des patients.

Les acteurs

cristophe-marietteL’axe 1 « Résistance Tumorale» est coordonné par le Professeur Christophe Mariette, professeur en chirurgie et docteur en Sciences. Exerçant à l’Hôpital Huriez du CHRU de Lille en tant que chef du Département de chirurgie générale et digestive, le Pr Mariette est fortement investi dans la recherche clinique en oncologie digestive dans sa pratique chirurgicale et dans la recherche fondamentale et translationnelle en tant que coordonnateur l’axe 1 « Résistance » d’ONCOLille.
van seuningen 360-480Le Docteur Isabelle Van Seuningen est la co-coordinatrice de l’axe 1. Le Dr. Van Seuningen est Directrice de Recherche 1ère classe au CNRS et est responsable de l’équipe Inserm  « Mucines, différenciation et cancérogenèse épithéliales » au sein de l’Unité Mixte de Recherche Inserm UMR-S 1172 du Centre de Recherche Jean-Pierre Aubert. Les thèmes de recherche développés dans son équipe sont : 1- la compréhension du rôle des mucines MUC1 et MUC4 dans la cancérogenèse épithéliale et 2- la compréhension des mécanismes de résistance dans les cancers oeso-gastriques, pancréatiques, coliques et rénaux.

Mots clés de l’axe 1 :

Résistance, Cancers œsogastriques, Adénocarcinome à cellules indépendantes, cancer du poumon, cancer du pancréas, ciblage thérapeutique, thérapie ciblée, biomarqueurs, diagnostic, pronostic, marqueur prédictif, immunothérapie, angiogenèse, microenvironnement tumoral, hétérogénéité tumorale, signalisation cellulaire, imagerie, modèles animaux, modèles physiques.